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Bis Repetita / Pao

Le ring des émotions

lundi 28 juin 2010 , par auteur Coline Bergeon

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Après le joli succès de « 360 », leur première création, la jeune compagnie amiénoise Bis Repetita récidive avec « Pao ». Un magnifique duo acrobatique qui a mis K.O. le public de la Fête dans la Ville !

« J’ai vu 360 et Pao et à chaque fois ça me met dans des états pas possibles, s’exclame Delphine, les larmes aux yeux à la fin de la représentation. Il y a une telle complicité entre eux… » Un beau silence régnait en effet sur la place de l’hôtel de ville ce dimanche 20 juin. Pendant trois quarts d’heure nous étions suspendus, attentifs, tendus… portés par les deux acrobates. Claire Cordelette-Lourdelle et Nicolas Lourdelle nous ont embarqués dans leur histoire sans prononcer un mot. L’histoire de deux êtres, deux solitudes qui se cherchent, se fuient, se trouvent, jouent, s’aiment, se perdent… Elle à la corde lisse, lui au mât chinois se fuient, se défient, se rencontrent, se rejoignent au sol ou lors de portés acrobatiques. La scène comme un ring de boxe accueille parfaitement leurs états de corps et leurs prouesses physiques.

Comme lors d’un match ils s’assoient entre deux round, le temps de recouvrer leurs esprits et leur souffle. Le titre de ce spectacle « pao » renvoie justement à cet univers de combat, puisqu’ il s’agit du petit coussin dans lequel les boxeurs tapent à l’entrainement. Mis en scène par Sébastien Lalanne, le duo est justement un subtil mélange de violence, de poésie, d’animalité et de tendresse… « Nous avions mis en scène 360, précise Claire Cordelette-Lourdelle. Là, Sébastien a très bien compris ce qu’on avait envie de défendre ; on désirait garder ce rapport amoureux sans être fleur bleue ; montrer la fragilité et l’émotion qu’on ressent sur nos agrès. » Chaque geste est ainsi le reflet d’un état d’âme, rien n’est laissé au hasard… Même la musique, jouée sur scène par la guitariste Céline Challet, accompagne parfaitement les artistes.

« Ça s’est très bien passé !, se réjouit Claire Cordelette–Lourdelle à l’issue de Pao. On a eu du public et une belle écoute. C’est un peu la marque de fabrique de la compagnie, poursuit-elle. On joue des spectacles intimistes qui demandent une attention particulière ; d’autant plus quand on se produit dans des festivals de rue où il y a beaucoup de burlesque. On est souvent surpris par cela mais cette attention est quelque chose qui nous porte et fait mûrir le spectacle »…

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