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Quand l’art transcende le handicap…

mardi 22 juin 2010 , par auteur Coline Bergeon , Yffic Cloarec

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« C’est pas fini, c’est pas fini !!! » Rappels, bravos et tonnerres d’applaudissements ont fusé vendredi soir après la première du « Ballet de chaises » sur la Chaussée Saint-Pierre. A en juger par l’émotion que l’on lisait sur les visages des artistes et des spectateurs, c’est un pari gagné pour Charli Encor. Le clown autodidacte et rocker, habitué de la Fête dans la Ville, a décidé d’ouvrir la scène aux artistes handicapés.

Soutenu par le Hangar, Amiens Métropole, et la ville de Saint-Quentin, Charli a lancé un casting dans ces deux villes en janvier 2009 pour monter un ballet de chaises roulantes ! Résultat 10 artistes amateurs ont répondu présent pour nous offrir le meilleur d’eux-mêmes. « Une belle leçon de vie ! », « un pur moment d’humanité ! », « une sacré preuve d’amour ! », pouvait-on entendre après leur spectacle… Handicapés de naissance, des suites d’un accident ou d’une maladie, ces artistes ont bravé leurs angoisses pour défier ces regards souvent fuyants face au handicap. Danses, chants, mini concerts, tir au paint-ball, sketchs : chacun a pu défendre quelque chose et nous offrir du bonheur. Pour Mimi, championne de tir qui ne compte plus les médailles à son palmarès, « c’est encore une épreuve, confit-elle à la fin du spectacle. Je suis timide, il a fallu que je me surpasse. Mais comme dans le sport je vais toujours à fond dans ce que je fais. J’ai voulu prouver à tous, handicapés ou non, qu’on peut faire quelque chose de sa vie et montrer l’envie que j’ai de vivre. Aujourd’hui je serais prête à suivre Charli sur un autre projet ! »

Déguisé en robot, notre bébé Charli national a accompagné les artistes sur scène, ne leur volant jamais la vedette. La chorégraphe saint-quentinoise, Sandrine Didier, qui l’a aidé à mettre en place ce ballet, achève quant à elle le spectacle en leur offrant un bel hommage : un solo de danse en chaise roulante sur un titre de Grand Corps Malade, « Sixième sens ». Une chorégraphie qui scelle magnifiquement cette belle histoire de partage et touche le public en plein cœur.

« Je trouve que les spectateurs nous ont emmenés très haut, se réjouit Charli. Pas facile de jouer un spectacle comme celui-ci à la tombée de la nuit et loin du centre ville. Des premières fois comme ça j’en voudrais bien tous les jours ! D’ailleurs j’ai fait exprès de prévoir une piste de la taille de celle du cirque Jules Verne au cas où on nous programmerait ici ou ailleurs ! » Quand à l’idée de voir son ballet de chaises joué ailleurs en France ou à l’étranger, Charli en serait ravi : « Cela demande néanmoins une logistique assez grande et donc un vrai budget et une vraie envie de la part de l’organisateur, poursuit-il. Je pense qu’on a une belle originalité et que l’on pourrait être le spectacle phare d’un festival… » C’est tout le bonheur qu’on leur souhaite…

Ci-dessous, une sélection de photos de Joël Verhoustraeten

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