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Une partie de cache-cache dans la ville

Bodies in urban spaces, Willi Dorner

mardi 6 mars 2012 , par auteur Jean-Marie Grall , Jessica Roumeur

trad article traduction [English] [français]

12h32, sur le parvis du Quartz : Top départ ! Une ribambelle de jeunes acrobates, danseurs et sportifs hauts en couleurs, s’élance dans les rues de Brest en courant. Pendant une heure, se déroule une folle partie de cache-cache, redessinant les contours, les formes et monuments de la ville, offrant aux citadins l’occasion de regarder les murs qu’ils arpentent chaque jours sous une lumière nouvelle. Les spectateurs, se lancent alors à la recherche de ces contorsionnistes urbains, et c’est une succession d’images toutes plus loufoques les unes que les autres qui s’offrent à leurs yeux, des œuvres d’art éphémères. Un premier corps trouvé ! Il dépasse du Quartz, tout rouge, vert, mauve et horizontal. De l’autre côté du boulevard Clémenceau, sous l’enseigne de Dialogues enfants une paire de fesses toute rose et des baskets blanches dépassent. Un peu plus loin, six corps de plus, tous alignés et en tension les uns contre les autres, sur l’un des escaliers du petit square de la Place de la Liberté. Juste à côté, tête appuyée contre le sol, un corps jaune fluo passé dans le creux de l’accoudoir d’un banc, comme un fil dans une aiguille, se dresse, tout à fait immobile. Deux bancs plus loin, le même en orange. Un trou sur la façade de la Poste : dedans, trois corps encastrés. Les rues de Siam et Colbert sont réunies par une équerre rouge et jaune toute de chair.

C’est tellement triste un parcmètre… Souffrant de solitude et du désamour de la population, hormis les pièces qu’on lui glisse, il ne reçoit que des insultes, des regards noirs, au mieux, de l’indifférence. Et bien aujourd’hui, le destin d’un parcmètre brestois s’est transformé pour un instant. L’heureux élu s’est vu consolé par le soutien d’un corps renversé, s’attirant les regards d’un public pour une fois chaleureux à son égard… œuvre d’art pour quelques secondes. Un peu plus bas, le chef du vieux kiosque à chevaux a été couronné d’une guirlande de corps toute colorée. Il semblerait aussi que l’église Saint Louis ait été travaillée sur les hauteurs : des silhouettes assises les unes sur les autres ont escaladé l’une de ses façades, formant une échelle humaine. De part et d’autre de la rue de Siam, les silhouettes continuent la partie, semant les spectateurs, s’amusant à les surprendre dans les recoins les plus insolites : suspendus aux arbres, enroulés aux feus tricolores, en chenille à vingt-quatre pattes dans des escaliers, derrière une boîte aux lettres, ou bien posés là, sur le trottoir, enchevêtrés entre eux, formant un monticule humain ; pieds, bras, têtes et jambes dépassant de-ci de-là. C’est sur le pont de Recouvrance flambant neuf, que le final a eu lieu. Les trous du pont semblaient tout juste faits pour eux ! Après avoir pris la pose quelques minutes, c’est entre les autos en plein trafic et sous un soleil complice que la partie de cache-cache s’achève par des saluts et applaudissements heureux.

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