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Mercredi 25 janvier

jeudi 26 janvier 2012 , par auteur Sylvain Marchand

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Alors que la pluie et le vent n’ont cessé de s’abattre ces derniers jours …un miracle météorologique s’est produit. La pluie a laissé place à un temps gris et maussade quelques heures avant l’ouverture du festival. Pour les Normands que nous sommes, c’est une petite victoire en soit car les K-way, certainement prévus dans chacun des sacs des 400 personnes présentes hier, sont restés au fond du sac. Alors savourons notre plaisir car nul ne sait ce que nous réservent les deux prochaines journées. On vous épargne « la danse de la pluie », mais on y pense très fort !

15h - The Grand Theatre of Lemmings et Samuel Gardes / "The Illusionarium"

Cette première journée s’ouvre avec « The Illusionnarium », un spectacle tout public autour d’une machine technologique datant du siècle dernier qui aurait la faculté de puiser dans l’imagination des acteurs pour réaliser un remake du célèbre film sur King Kong, « la fiancée de Kong ».

Les acteurs, ça peut être vous, moi, tout dépend de votre aptitude à accrocher le regard de la caméra. Si vous êtes retenus pour le casting alors bienvenue dans un monde de strass et de paillette car vous aurez la chance d’être dirigé par un réalisateur exigeant. Qui sait ? Peut-être ferez-vous partie de la prochaine cérémonie des oscars, multi-récompensé pour votre interprétation dans ce futur Blockbuster.

C’est tout le mal que l’on vous souhaite mais la situation peut tourner au cauchemar si King Kong tombe éperdument amoureux de vous. L’écoute du morceau de Serge Gainsbourg et Jane Birkin « Je t’aime, moi non plus » déclenche chez l’animal un excès d’affectivité incontrôlable.

La notion de "Moi non plus" est d’ailleurs une subtilité que l’animal a bien du mal à entendre, et face à votre refus le tournage peut prendre un tournant chaotique…Eloignez les enfants car nul ne sait de quoi la bête est capable et à défaut de fiancée…Le réalisateur pourrait bien en faire les frais.

16h – c’est l’heure du goûter !

Didier et Brigitte, les cuistots de l’Atelier 231, ont préparé pour le Total Crêpes pas moins de 500 crêpes et 48 litres de chocolat chaud. De quoi nourrir un régiment ! Les crêpes sont engloutis à la vitesse Grand V et une fois rassasié chacun profite de la présence des "Photographers" pour se faire tirer le portrait « à l’ancienne ». Comme les années précédentes, c’est un succès !

Les plus téméraires ont relevé les défis lancés par les personnages hauts en couleur de la compagnie Hocus Pocus. Timides aux premiers abords, il ne faudra pas plus de quelques minutes aux enfants pour accepter le concours de bras de fer lancé par une femme dont le tour de bras ressemble davantage à celui de ma propre jambe. Des cris d’encouragements jaillissent, un attroupement se forme autour des compétiteurs, il ne manque plus que des billets posés sur une table pour restituer l’ambiance d’un tripot conçu à la sauvette sur une boite en carton. Un ado gagne son combat et lève les bras au ciel à la façon d’un Rocky Balboa. Ses copains hilares immortalisent l’événement avec leurs téléphones portables. Lui, conserve fièrement sa pose. Facebook se charge du reste.

Quant à d’autres, ils préféreront jouer à un jeu aux règles obscures avec une "femme à barbe" ou encore se faire tirer les cartes par une diseuse de bonne aventure dont les prédictions sont certainement aussi fiables qu’un trader jurant sur la tête de ses enfants qu’il ne recommencera plus.

17h30 – Gandini Juggling / "Smashed"

9 chaises sont alignées et plusieurs dizaines de pommes sont posées parterre. Le décor se veut sobre à l’image de la tenue des 2 femmes et 7 hommes qui investissent la scène donnant l’impression de quitter une journée de travail à la City de Londres. Incarnent-ils une certaine image de la société moderne ? Quoiqu’il en soit ces femmes et hommes vont se livrer durant 45 minutes à un véritable jeu de jonglage-chorégraphié qui ne laisse personne indifférent. La complexité de la chorégraphie implique une extrême précision de la part de ces jongleurs comédiens qui œuvrent dans la grâce et la légèreté. Les pommes flottent dans les airs comme en apesanteur tandis que l’enchevêtrement des corps ne permet plus de savoir avec certitude qui lancent et qui réceptionnent. L’image est forte et le temps semble comme distendu. Des jeux de séductions entre hommes et femmes s’installent. La prédation ainsi que la manipulation ne semblent pas loin. Les femmes croquent dans le fruit et l’image d’Adam et Eve traverse l’esprit.

Mais cette machine parfaitement huilée ne dure pas. Cette aisance dans les gestes et ces sourires de façade soudain se figent. Un grain de sable vient s’immiscer dans cette parfaite harmonie des corps. Le fil sur lequel repose cette alchimie se brise et fait place aux individualités. Les pommes tombent, les regards se durcissent et la tension est palpable. Métaphore d’une société qui glisse ? En guise de final, les comédiens s’en prennent à l’emblématique "tasse de thé" anglaise… Tout comme les pommes, elle ne subira pas un meilleur sort et finira sur le bitume. Le spectacle se conclut sur cette image de chaos. Le public applaudit chaleureusement. Derrière moi, mon voisin enthousiaste dit à sa femme "je savais bien qu’avec ces anglais ça ne pouvait pas se terminer autrement".

Photos : Caroline Lelong

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